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les centres socioculturels en danger

 

RESSENTI

 

 

Centres socioculturels : le flou et la fronde

Au bourg, ça gronde au centre socioculturel

 

Les associations des centres socioculturels de la Ville n'en peuvent plus et le disent. Au risque d'aller au conflit avec la municipalité dont ils attendent des réponses.

Au centre socioculturel du bourg, le président et trois vice-présidents parlent à coeur ouvert, d'une histoire qui se répète.

Des conflits entre la municipalité et les centres sociaux, c'est à peu près tous les cinq ans. Le président de l'Asec du bourg, Loïc Huguen, habituellement prudent et conciliant, dénonce, avec trois vice-présidents : les non-dits, l'absence de dialogue herblinois, la volonté de placer les associations en dépendance de la mairie, les arguments pour arriver à obtenir gain de cause, le mépris ressenti depuis plus d'un an dans cette « affaire » et en conséquence, le découragement des bénévoles. « Trop c'est trop ! » poursuivent les administrateurs.

La municipalité a engagé la bataille avec la Caisse d'allocations familiales (Caf) pour percevoir directement les subventions, soit 600 000 € par an, pour les six centres herblinois. Actuellement, ces versements sont légalement adressés aux Associations et reversés à la mairie sous forme de « loyers ». Au-delà de cet enjeu financier, le second gros point, c'est la reprise de la gestion du personnel, affecté par la municipalité, pour l'animation dans les centres.

« Dépossédées » de ces professionnels, une trentaine répartie dans les six centres de la ville, les associations ne peuvent plus assurer les mêmes services à la population, satisfaite à 85 %, comme en fait état le questionnaire initié par la mairie en 2015. Resterait aux associations socioculturelles le rôle d'agent bénévole de la ville, comme ce serait déjà le cas dans plusieurs associations.

Les notions de travail, bénévolat, engagement, apparaissent clairement en toile de fond, touchant de près « la cause associative », vieille de plus de cent ans !

« L'important serait d'en parler, reprend Loïc Huguen. Nous ne comprenons pas le silence des élus sur cette question, l'absence de rencontre. Le 4 janvier, on nous annonce un projet ficelé, le 10 mars, on reçoit un cours, magistralement organisé, du maire en présence du directeur général des services, de l'adjoint au personnel et de l'adjoint aux centres socioculturels. Mais quand va-t-on être invité autour d'une table ronde pour bâtir l'avenir socioculturel de la commune ? Ou que l'on nous dise qu'il n'a plus besoin de nous ! Mais, laisser la situation pourrir n'est pas la solution. »

 

Ce mardi, la Maison du citoyen propose une réunion sur un projet de réorganisation des centres socioculturels herblinois. Leurs présidents, non concertés, sont réticents.

À la Ville, on ne semble guère pressé de donner des éléments sur la nouvelle réorganisation des centres socioculturels que nous évoquions dernièrement dans nos colonnes. Ni aux directeurs de centre socioculturels, ni à la presse, en dépit de demandes d'informations réitérées.

Alors, à la Maison du citoyen, installée depuis un an au Carré des services, on a décidé de prendre le taureau par les cornes en proposant une réunion ce mardi. Sur le bar, au rez-de-chaussée, une affiche informe de l'intention de la Ville de supprimer deux centres socioculturels et de la tenue d'une rencontre, ce mardi, avec les adhérents, les bénévoles et les administrateurs pour en débattre.

La Maison des citoyens serait, avec le centre du Tillay, un des centres supprimés. À compter de septembre, elle serait rattachée à celui de la Bernardière et celui du Tillay au centre socioculturel du Soleil-Levant, à compter de septembre.

Les présidents des six centres socioculturels herblinois en ont été informés lors d'une réunion, conviés par la ville, le 6 janvier dernier. « Nous sommes dans un flou complet, déplore Claude Legoeuil, le président de la Maison des citoyens. On nous a présenté le document à la va vite, le 6 janvier. Les élus nous ont exposé un projet déjà décidé, bouclé sans que nous n'ayons été concertés. »

Le document, « aboutissement de nombreuses séances de travail de la majorité municipale par celle-ci lors du bureau municipal du 23 novembre », mais pourtant resté secret, évoque un redécoupage « coïncidant avec le découpage en quatre grands quartiers ». À savoir aujourd'hui : le bourg, le centre, l'est et le nord. « La politique socioculturelle est une composante essentielle des projets de territoire. »

Les centres sont actuellement adminstrés par les Asec, association socio-éducative et culturelle. Or, une des mesures indique aussi que cette nouvelle organisation se traduira par « une nouvelle gouvernance », soit la création dans chaque quartier d'un conseil d'animation territoriale composé « d'élus de la ville, de partenaires financiers et institutionnels, des représentants des Asec, des associations oeuvrant sur le quartier et de personnes qualifiées ». La nouvelle organisation des centres socioculturels devrait prendre effet dés septembre prochain.

« On a surtout le sentiment très net qu'ils veulent tout municipaliser, souligne Claude Legoeuil. Comme ça a été le cas pour les activités jeunesse. »

La mesure remue de vieux démons. « Il y a quatre ans, la ville avait essayé de municipaliser les centres socioculturels. La Caf nous avait soutenus, en menaçant de ne plus verser ses subventions ». Seul le personnel avait été municipalisé. « Mais c'est une position bâtarde pour nous. Nous avons la responsabilité d'un personnel dont nous ne sommes pas employeurs », observe le président de la Maison du citoyen, dans un amer sentiment de bis repetita.

Véronique ESCOLANO.

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